Emma, 33 ans, Asperger : une vie à osciller entre l’adaptation et la fuite


Emma, qui vient d’être diagnostiquée autiste Asperger, a été élevée dans le déni de ses besoins spécifiques et dans l’injonction à devenir « comme tout le monde » : une adulte autonome et financièrement indépendante, une femme forte et une épouse accomplie. Quitte à se mettre en danger, à vivre en perpétuel burn out, et au prix d’une dépression chronique et d’un trouble anxieux généralisé.

Une enfance prometteuse

J’ai toujours été très douée sur le plan intellectuel. Et comme enfant, j’adorais les animaux, ma mère m’a longtemps et très tôt destinée au métier de vétérinaire : j’étais intelligente, j’aurai un beau diplôme et je gagnerai bien ma vie. J’étais vouée à un avenir rayonnant et je faisais déjà la fierté de mes parents. Pourtant, pendant longtemps, je n’ai eu qu’une peur : devoir entrer dans la vie professionnelle (peur d’ailleurs toujours présente maintenant que je suis dedans…). Ne pas parler aux gens à l’école, j’avais le choix, je pouvais me débrouiller, mais j’observais le monde et je savais qu’un jour je serai obligée de travailler pour pouvoir gagner ma vie et devenir une adulte autonome. C’est un poids que pour diverses raisons (dont le chômage de mon père et la pression parentale), j’ai senti très tôt sur mes épaules. Mes sœurs ont commencé à travailler très vite, à 16 ans voire avant. Elles ont passé le BAFA, ont bossé dans l’animation, se sont toujours battues pour contribuer à faire tourner le foyer, un foyer qui a toujours tourné très modestement (je viens d’une famille nombreuse, ma mère ne travaille pas, mon père est technicien, etc.). Je me sentais nulle et incapable mais travailler comme mes sœurs, faire comme tout le monde, je ne pouvais pas. Comme aller en colonie de vacances, comme dormir hors de chez moi. Sortir de ma chambre, je n’ai jamais pu. Si j’étais la risée de ma famille pour ces raisons, mes parents à l’époque n’ont pas beaucoup insisté car j’avais déjà tellement de symptômes (anorexie, aphasie, agoraphobie, phobie sociale, insomnies… qu’on associait seulement à une adolescence « compliquée ») et j’étais tellement agressive envers eux, qu’ils me laissaient de mon côté, à lire, peindre, dessiner, écrire, dans ma chambre toute la journée. Mais je me sentais profondément nulle et incapable. J’étais la plus intelligente, pourquoi ne pouvais-je pas supporter le monde professionnel comme mes sœurs ? comme mon père ? comme tout le monde ?

J’ai essayé de travailler quelques semaines comme serveuse une année, dans une petite guinguette, place trouvée par une collègue de mes parents à la demande de mon père qui pensait me rendre service en m’apprenant la vie. Un client a commencé à me faire des attouchements. Je n’en ai jamais parlé. Je n’en ai jamais parlé jusqu’à maintenant, ici, sur ce papier. À vous. J’ai continué de travailler durant toute la période signée. Mais en faisant mal mon boulot, évidemment. En fuyant les clients, en me planquant dans les cuisines. Tétanisée.

 

Le retrait dans le monde et le refuge dans les études : un épanouissement au milieu de mes intérêts spécifiques mais peu de perspectives d'avenir

Alors, naturellement, je me suis réfugiée dans les études. J’ai cette chance d’avoir toujours pu tout comprendre très vite et d’être très autonome dans ce domaine – sur tous les plans (sauf celui de la participation orale). Et heureusement car ma famille, peu lettrée, n’a jamais pu me suivre sur ce plan. Alors j’ai dit stop aux injonctions parentales et j’ai creusé le sillon de ce qui me faisait vibrer, de ce qui me passionnait, de ce qui me maintenait en vie, au gré de mes intérêts mais également des rencontres de professeurs qui ont été des phares pour moi et qui m’ont encouragée. J’ai fui une ambiance familiale pesante dès que j’ai pu. J’ai été acceptée en classe préparatoire puis j’ai enchaîné les diplômes, en lettres, en philosophie, en sociologie, en anthropologie. J’ai toujours travaillé seule dans le champ intellectuel et je m’en suis toujours sortie plus que bien. Les livres et la pensée, c’est vraiment mon intérêt spécifique. Mais je m’en suis sortie en vivant comme un parasite, de mes parents puis de la société. Ils ont payé mon loyer jusqu’à mes 25 ans et je les en remercie grandement mais 25 ans, c’était la règle. À 25 ans révolus, chacune d’entre nous n’aurait plus droit à rien. Puis j’ai touché des allocations (merci les APL), puis une bourse pour ma thèse pendant trois ans, puis j’ai été au chômage. Les études en lettres et sciences humaines, en France, ce n’est pas très porteur sur le marché du travail. Mais comme je n’ai jamais pu me projeter dans l’avenir, comme je suis incapable de mettre en place des stratégies efficaces dans mes études et comme je n’ai développé aucun réseau pendant mes dix années en école supérieure et en université, après ma thèse, je n’ai pu décrocher aucun poste dans la recherche.

 

Survivre comme on peut, faire instinctivement avec ce qu'on est, s'adapter au monde tel qu'il va - ou pas

Pendant toute cette période et jusqu’à ce que je décroche cette bourse de doctorat, pendant 7 ans peut-être (je n’ai pas la notion du temps), j’ai vécu dans la précarité avec une centaine d’euros par mois pour m’en sortir en plein cœur de Paris, où la moindre baguette coûte 1,20 euros, ou le moindre café est à 2,50 euros. Avec cet argent, je devais payer le téléphone, internet, les transports, la nourriture, les vêtements. Le cinéma, parfois. Quelques livres. Mais je survivais. Je me faisais inviter par les hommes, par des « amies ». J’ai toujours considéré l’existence comme un combat – je suis très darwinienne : se battre pour s’en sortir – alors je me taisais et je me battais pour que chaque jours succède au précédent. Je me battais sans en avoir conscience ni sans savoir pourquoi car je n’avais aucun projet de vie, aucune vision de l’avenir. Je n’ai jamais réussi à me projeter dans le futur et je n’arrive toujours pas, même aujourd’hui que je suis mariée, que je suis diagnostiquée et que je commence à gagner décemment ma vie (mais au prix de ma santé et de l’annihilation de tout mon monde intérieur). Je me suis battue pour survivre exactement comme un animal. Ou comme une plante qui cherche la lumière du soleil entre les arbres. Parce que c’est comme ça. Sans raison. Et je pensais qu’il était normal de se battre comme ça, contre tout, contre soi, chaque instant, que c’était ça être adulte. Mais chaque jour qui passait, j’aurais voulu mourir. J’ai vécu des années dans 9m2, avec douche et toilettes sur le palier, une fenêtre sans lumière, barrée de grilles indéboulonnables. Je payais plus de 400 euros de loyer par mois. Je ne veux plus vivre dans cette indigence. J’étais prisonnière de moi-même et de l’ignorance de ma différence (l’ironie de la chose, c’est qu’à cette période, ça n’allait tellement pas que je voyais un psychothérapeute en plus…). Invisibilisée. Je ne parlais à personne, je n’avais conscience de rien, même pas de ma misère – seulement de l’envie de mourir. Mais j’écrivais. Et j’étudiais parce que je voulais être écrivain. Je me sentais plutôt bien, en fait. Seule. À lire, écrire, dessiner. Je me sentais plutôt bien mais l’isolement social et la pression que je me mettais pour organiser ma vie et survivre avec le peu que j’avais ont commencé à me rendre folle. En fait non, je ne me sentais pas bien. Parce que dans tout ça, évidemment, je suis devenue la proie des menteurs, des manipulateurs et des pervers (ici se loge le chapitre : début des abus sexuels).

Et non, je ne travaillais pas au sens où la société l’entend habituellement (je n’avais pas « d’activité professionnelle »), je fuyais ce type de travail, parce que je m’en sentais incapable. Et je le suis en grande partie. Mais maintenant je sais pourquoi.

Il faudrait rajouter ici qu’il y a un problème anthropologique, culturel et social avec cette notion de travail. Parce que si j’ai toujours vécu dans l’isolement et la précarité, pas un seul jour que Dieu fait, je n’ai cessé de travailler. Pas un seul jour que Dieu fait, je n’ai cessé de lutter, de me battre, de fournir des efforts, d’essayer de construire, des livres, des articles, des œuvres d’art, des projets de films ou d’ouvrages de recherche. En fait, depuis toujours, je ne fais que travailler, mais ce n’est pas ce que la société reconnaît comme méritant salaire et statut social adapté.

 

Docteure en lettres puis enseignante en maternelle en mode suradaptation

Après ma thèse, je n’ai plus eu d’autre choix que de trouver de l’argent pour gagner ma pitance. En outre, je me suis mise en couple avec quelqu’un qui était au chômage également. Par amour, je ne me suis pas posé de questions et j’ai foncé : c’était à moi, « douée », à faire tourner le foyer. Je n’ai pas pu bénéficier d’un poste à l’université (sujet trop atypique, trop d’écrits, trop d’articles, aucune expérience dans l’enseignement, aucune expérience professionnelle à part du baby-sitting de manière tout à fait non officielle). Les allocations Pôle emploi finissant, il a fallu que je me batte pour ne pas mourir de faim encore une fois. Avec un doctorat en poche, j’ai réussi à décrocher un emploi d’institutrice en maternelle, à mi-temps – un remplacement pour six mois, un poste que personne ne tenait tant les conditions de travail étaient épouvantables. Et j’ai tenu, mieux que les autres, j’ai été forte, je me suis suradaptée, au pris d’une dépression renforcée et de troubles du comportement alimentaire indescriptibles. De prises de drogue également et de déviances sexuelles. Puis le contrat s’est achevé, les enfants m’ont pleurée tant j’étais pour eux l’incarnation de la force et de la stabilité (alors que j’étais tout simplement impassible, ponctuelle, fidèle et très à l’écoute de leurs besoins – je me suis toujours sentie plus à l’aise avec les enfants qu’avec les adultes, je me suis toujours plus sentie enfant qu’adulte).

 

La transmission de savoirs, une vocation naissante

De nouveau Pôle emploi, le cirque de Pôle emploi, l’inutilité de Pôle emploi. J’ai décroché un poste en contrat aidé, payé au SMIC. Je donnais des cours particuliers à travers toute l’Île-de-France – les transports n’étaient pas indemnisés.

Dans ma misère, j’ai quand même découvert que j’avais le contact aisé avec les enfants et les adolescents (public qui me faisait grandement peur avant – d’autant que physiquement j’ai encore l’air d’une gamine). J’ai quand même découvert que j’arrivais à parler des choses qui me passionnaient, que j’arrivais à communiquer mon enthousiasme et à intéresser des enfants étrangers à la littérature classique à des textes éloignés d’eux dans le temps comme dans la langue. J’ai pu aider plusieurs enfants au profil atypique, en décrochage scolaire, je voyais que je leur apportais quelque chose, qu’ils rayonnaient d’une lumière nouvelle – nous philosophions beaucoup et je leur apprenais à jongler avec les mots et à penser par eux-mêmes. Je suis toujours passée pour une prof un peu lunatique et un peu zinzin et illuminée mais les ados m’aimaient bien. Après un an, j’étais épuisée des conditions de travail comme du management qui misait sur l’humiliation, les menaces et les injonctions contradictoires. Alors j’ai fui. Soutenue par une amie formidable, ma collègue d’alors, qui m’a aidée à tenir et à m’en sortir, j’ai menti à ma direction car je n’osais pas dire non. J’ai inventé un prétexte, j’ai dit que je déménageais en province et je n’ai pas signé la prolongation. Je n’ai pas voulu reconduire ce contrat aidé par Pôle emploi, ce contrat précaire en fait, qui m’exploitait et ne me reconnaissait aucun droit.

 

Enseignante dans une école pour enfants neuroatypiques

Dans la tempête, j’ai eu vent d’une école pour les enfants différents et j’ai candidaté de but en blanc, car il me fallait fuir et que je souhaitais poursuivre l’enseignement avec ce type de public avec lequel je me sentais en phase, plus en phase qu’avec des enfants moins atypiques et beaucoup plus en phase qu’avec les gens de mon âge. L’enseignement, un métier que j’ai toujours redouté pourtant : faire face au public, à un public nombreux, parler pendant longtemps, devant des enfants qu’il faut convaincre, faire grandir mais aussi cadrer, des enfants pas toujours sympathiques ; faire face aux parents aussi, à la violence du monde ; surtout se sentir porteur d’un savoir, sûr de soi, arrêter de toujours se remettre en cause ; se sentir supérieur aux autres pour « professer » un savoir, parler, juger, mettre des notes, parler, parler, sortir de soi, faire face à des gens, tout ça, je ne voulais pas le faire à l’origine. Mais avec un diplôme de lettres, je n’avais pas vraiment le choix.

J’ai décroché un poste dans cet établissement, d’abord à temps partiel pendant quelques mois. Je suis maintenant en CDI depuis très peu de temps, je gagne plutôt bien ma vie (cela me paraît une fortune comparé à ce que j’ai connu avant mais ce n’est pas excessif du tout, surtout en vivant à Paris). Rassurez-vous, j’ai déménagé dans quelque chose de plus grand et de plus décent ; j’ai enfin eu le courage de me battre pour déménager et de me battre pour obtenir un vrai bail, pour ne plus me faire avoir par des escrocs qui me demandaient de payer au noir. J’ai un doctorat depuis pas mal de temps maintenant mais c’est seulement la première année de ma vie, cette année, que je touche plus d’un SMIC par mois.

 

Honteuse d'être différente

J’aime assez mon travail. J’aime voir progresser ces enfants. Sans lui, je crois que je serais morte déjà ou internée à Sainte-Anne. Ça me donne un cadre, ça me fait sortir de mes angoisses quotidiennes, ça me fait m’oublier. Ça occupe le vide de mon existence et de ma dépression. J’ai la chance d’être entourée par une équipe bienveillante et par une direction merveilleuse de compréhension et de dialogue. Mais je suis épuisée. J’ai compris d’où venaient mes problèmes depuis très peu de temps, depuis un mois en fait. Jusqu’à présent, je pensais que si je faisais des efforts, si je faisais comme les autres, si je me mettais toujours plus entre parenthèses et si j’en faisais toujours encore plus, cela allait passer, j’allais pouvoir vivre comme tout le monde, être heureuse, épanouie, avoir une vie normale professionnellement et une vie de famille équilibrée à côté. Le métier de professeur est un métier que certains qualifieraient de plutôt tranquille, de plutôt adapté : possibilité de travailler chez soi en dehors du temps de présence obligatoire, vacances régulières, travail assez routinier. En outre, je suis dans une petite structure avec relativement peu d’élèves et peu de changements d’une année à l’autre. Mais j’ai honte de mon état. Honte de ne pas beaucoup supporter le bruit que les enfants font, honte de ne pas supporter la lumière du plafond – il n’y a pas de pièce où je puisse me retrouver seule, des lumières Néon partout, peu de lumière naturelle, des salles mal isolées d’un point de vue sonore. J’ai honte de toujours être plus que fatiguée, honte de toujours dormir sans pouvoir réussir à récupérer, honte de me plaindre, honte de me sentir me décomposer dès qu’un élève pose une question, honte de parfois m’énerver parce qu’on m’a fait une réflexion ou qu’un imprévu est venu gripper la machine, honte de ne plus avoir de vie du tout à côté : plus de vie personnelle, plus de vie intellectuelle, plus de vie sociale (j’ai mis entre parenthèses mon désir de maternité car je n’aurai jamais la force d’élever un enfant en plus de tout ça). J’ai également du mal à manger en collectivité, ce qui accentue ma fatigue. Et le stress occasionné par la journée de travail me met dans de tels états de nerfs que je ne dors plus beaucoup la nuit d’après. J’ai commencé à parler de mon diagnostic à mes collègues : personne ne me croit. Je fais le caméléon, je suis un très bon caméléon, mais à quel prix ? Au prix de moi. Aujourd’hui je ne suis plus que ce métier-là.

 

Le revers du caméléon

Je dois maintenant remplir mon dossier MDPH. Mais je pense qu’ils ne m’octroieront rien. Parce que je n’ai jamais abandonné. Parce que je ne me suis jamais plaint. Parce que même au cœur de la tourmente, du burn out, des pulsions suicidaires, des attentats, des troubles alimentaires, des déboires de la vie intime, des maladies plus anodines, je n’ai jamais fait faux bond, je n’ai jamais loupé un seul jour de travail (comme je n’ai jamais loupé un seul jour d’école étant enfant). Je suis championne pour me mettre entre parenthèses, pour me faire disparaître, pour me tuer symboliquement, pour faire ce que l’on attend de moi, répondre à leur désir, à leurs attentes – et c’est même plutôt un sentiment qui me rassure maintenant, auquel je suis devenue addict, que celui de cet assommement par la fatigue et de cette dépersonnalisation liée à la mécanique de mon corps et de mon esprit qui n’existent plus pour moi mais pour l’autre. Je suis morte. Je suis une morte vivante mais personne ne s’en rend compte. Et maintenant que je sais que je suis autiste, je m’effondre vraiment : parce que j’ai l’impression d’avoir tout fait à l’envers depuis tellement longtemps, parce que j’ai l’impression de n’avoir droit à rien, à aucune aide et surtout pas au bonheur – que je ne connais pas et que je pense ne pas mériter. Parce que j’ai peur de retourner dans la précarité. Parce que je ne sais plus qui je suis vraiment.

Je voudrais qu’on me sauve. Je voudrais que tout change soudain autour de moi, dans le professionnel comme dans le privé mais je ne sais pas comment faire. Parce que je suis incapable de faire défection une fois qu’on m’a fait confiance (même si l’on me traite mal), parce que je ne supporte pas les changements, parce que je ne sais pas quitter, partir, parce que je ne sais pas décevoir les gens (et même si eux ne le ressentent pas comme ça, j’aurai toujours cette impression). Je me sens prise dans un étau, alors qu’avant je pensais qu’en me maltraitant tout finirait par s’arranger. Je voudrais une vie qui me soit adaptée, je voudrais peindre de nouveau et finir mes romans. J’ai toujours rêvé d’être écrivaine, poétesse mais tout ça a été étouffé par le monde professionnel comme par mon réalisme naturel (« poétesse ? pauvre fille : tu te prends pour qui ? pour Baudelaire ? va plutôt faire la vaisselle ») et par toute cette énergie que je sacrifie à l’autel du capitalisme et de la vie en société. À l’autel des autres aussi


Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

2 commentaires sur “Emma, 33 ans, Asperger : une vie à osciller entre l’adaptation et la fuite

  • Aurelie F

    Encore un témoignage passionnant, dans lequel, encore une fois, on peut toutes se retrouver plus ou moins, dans la façon dont vivre, de penser, de survivre. Merci, à chaque témoignage, on se sent moins seule, et on a un espoir depuis plus d s’en sortir, parce qu’on avance toutes, à notre manière. Merci…