Rachel : l’autisme à l’épreuve de la justice, Public Sénat, 6 avril


Le 06 avril à 21 h, sera diffusé sur Public Sénat un documentaire de Marion Angelosanto retraçant le parcours ayant mené au placement à l'Aide Sociale à l'Enfance des 3 enfants de Rachel, mère autiste. Un placement qui dure depuis bientôt 4 ans.

Teaser du film

L'histoire

Tout est parti d'une Information Préoccupante envoyée au conseil départemental de l'Isère.
Le motif ?

  • Rachel a voulu quitter les structures sanitaires où son fils S. était suivi, pour mettre en place un suivi en libéral répondant aux recommandations de bonnes pratiques de la Haute Autorité de Santé.
  • Elle a voulu avoir accès à une évaluation diagnostique avec des outils standardisés, qui n'étaient pas utilisés dans ces structures.

Il s'en est suivi une enquête judiciaire, assortie d'une expertise psychiatrique, dont les conclusions sont (sans aucun fondement scientifique) :

  • que les enfants n’ont pas de troubles du spectre de l’autisme,
  • que leur mère est convaincue sans raison que ses enfants sont atteints de troubles du
    spectre de l’autisme,
  • que si trouble il y a, elle en serait seule responsable parce qu’elle présentait un syndrome de
    Münchhausen par procuration.

Il est probable que le comportement de Rachel, mère autiste Asperger mais qui n'aura conscience de son autisme que plus tard, a joué contre elle : difficulté à exprimer les émotions (ce qui ne signifie pas ne pas en avoir), à regarder dans les yeux (car difficulté à écouter une personne et la regarder en même temps), voix monocorde, grosse focalisation sur l'autisme (car quand nous cherchons la cause de problèmes nous allons au fond des choses)..  Mais est-ce que cela en fait une mère défaillante ? Certainement pas : avoir une mère autiste peut être une chance.

Ses trois enfants lui ont alors été retirés le 10 août 2015, sur décision du Juge des enfants (décision jusqu’en juillet 2016). Celui-ci s’est basé uniquement sur le rapport de l’expert psychiatre, alors que les professionnels, utilisant des outils diagnostiques standardisés qui ont été au contact de S. avaient pu constater l’existence de troubles du spectre de l’autisme.

Quelques mois plus tard, les diagnostics des 3 enfants ont été confirmés par une une équipe du CRA de Lyon : deux enfants sont autistes, le 3ème a un TDAH.

La transmission de ces éléments médicaux au juge n'a absolument rien changé : le juge fonde ses décisions uniquement sur les rapports de l'Aide Sociale à l'Enfance.

Le placement a été reconduit en juin 2016, juillet 2017 et juillet 2018, jusqu'en juillet 2019.

Les enfants vont très mal. Ils réclament leur mère.

Bientôt 4 ans que cette erreur judiciaire perdure. Qu'en sera-t-il en juillet prochain ?

article-rachel-dauphine-01avril19

www.pdf24.org    Send article as PDF   

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

10 commentaires sur “Rachel : l’autisme à l’épreuve de la justice, Public Sénat, 6 avril

  • Anna

    je viens de regarder ce reportage vraiment hallucinant mais que fait l’état?????. Malgré toutes les preuves, comment cela se fait que les enfants soient toujours placés,, C’est vraiment hallucinant, injuste, horrible, inhumain, je ne comprends pas que l’état ne réagisse pas, c’est carrément insupportable!!!! Dramatique pour la mère et les enfants…je ne comprends pas que les organismes sociaux, les juges ne réagissent pas, c’est INTOLERABLE!!!!!!!

  • Hortense

    Le personnel des CMP sont Tous nul . 10 ans d’ érrance diagnostic et médicale pour Ma fille qui est Asperger ( TSA sans déficiences intellectuelles) et aucuns psychiatre et psychologue a trouvé sont problème. Elle a enfin été diagnostiquée par un centre expert Asperger , merci à eux , ma fille depuis est moins anxieuse car maintenant, elle sait ce qu’ elle a. ( 10 ans sans savoir , c’ est grave ! ) ma fille a voulue se suicider plusieurs fois .
    Rachel , ne vous découragez pas, nous nous savons que vous êtes une bonne maman , qui aime ses enfants et que vous savez vous en occuper . Je pense que les services sociaux n’ ont pas acceptés de s ‘ être trompé , ils n’ acceptent pas de faire des excuses car s’ excuser c’ est accepter de s’ être trompé. J’ espère que vous demanderez des indemnités et pas qu’ un peu ! . Je vous souhaite bon courage Rachel et j’ espère que votre cauchemar va bientôt se terminer . Des gros bisous à vous et vos enfants, Rachel vous êtes une personne adorable . Courage à vous tous . ❤️

  • HN

    Honteux. Le système judiciaire peine à reconnaitre ses torts. Scandalisée et choquée qu’on considère une mère autiste moins qu’une autre. On va gâcher 4 vies. Que pouvons nous faire ??

  • LAFAGE

    Terrible ce reportage , ça fait peur !!! Bonjour la justice en France ?!? Comment se fait-il qu’il y ai autant de retard dans la formation des médecins, services sociaux, juges …. alors que l’HAS , la haute autorité de santé a modifiée en 2012 le diagnostic de l’autisme , cela fait donc 7ans , que font ils depuis 7ans ???? L’état , la justice sont responsable de cette erreur de placement vis à vis de Rachel , attaqué les , demandé leur réparation car les enjeux sont terribles et irréversibles , il s’agit de la vie de 3 enfants privé de leur maman qui a démontré depuis le début de cette histoire toute sa bonne foi et sa volonté infaillible pour faire diagnostiquer ses enfants , volonté de mieux les accompagner les élever avec leur handicap , et on a pu voir dans le film combien il était difficile d’avoir un bon diagnostic (2a 3 ans d’attente ?!? On hallucine !!! ) avec en plus les professionnels de santé , les travailleurs sociaux , jugés qui ne sont pas formés , car y’a du retard !!!! Mais c’est ça la France au 21eme siècle !!!! Avec toutes les révolutions technologiques pour accéder aux connaissances…. et la dans cette affaire . Non La Justice ne se remet pas en question ?? C’est à vomir cette incompétence couverte par notre ministère de la santé …. Rachel je suis admirative de votre courage pour votre combat qui s’explique tout simplement par l’amour d’une maman porte à ses enfants chéris

  • Stéphane

    HONTE À L’AIDE SOCIALE À L’ENFANCE, AU C.M.P, AU JUGES ET À L’ÉTAT QUI N’INTERVIENT PAS.
    RESPECT ET COURAGE POUR RACHEL ET CES 3 ENFANTS ET BRAVO À TOUT CES SOUTIENS.

  • Sébastien Lelièvre

    A regarder absolument !!!
    Documentaire très bien fait. Il est grand temps que toute notre société évolue et se pose les bonnes questions.
    Merci à celui qui m’a inspiré ce samedi soir du 20 avril, il se reconnaîtra.
    Je suis clairement à votre disposition pour la suite.
    Bon courage et belle journée à vous.
    Bien cordialement,

  • vatel Dominique et Pascale

    Nous venons de découvrir avec effroi le documentaire sur la chaine Public Sénat. Quelle dignité face à ces multiples incompétences. La justice n’apprend malheureusement jamais de ses erreurs.
    Comment vous être utiles dans la poursuite de votre combat ?

  • Bertrand Preney

    Une fois de plus nous avons une preuve que la Justice n’existe pas, elle est rendue par des gens qui ont fait des années d’études, des gens que l’on pourrait croire intelligents, mais qui prouvent que ce ne sont que des imbéciles complets, des têtus finis, ils se laissent influencer par des travailleurs sociaux qui sont inhumains, et par conséquents, on se demande quel est leur but à ces deux catégories de personnes, sinon de faire le mal , ils restent sur leurs positions, ne savent pas se remettre en cause, se permettent de dire « faites un travail sur vous », alors que ça serait plus à eux de le faire ! Et ces braves gens qui jugent, et qui font des rapports, prennent des décisions tragiques, qui ne sont compréhensives que par eux-mêmes et encore….
    Bref ces gens sont dangereux, ils ne méritent pas les responsabilités qu’ils exercent.
    Il n’y a pas de mal à se tromper, à être dans le faux, l’erreur est humaine, elle est pardonnable, mais elle ne l’est plus quand vous avez la démonstration, la preuve que la vérité est ailleurs, que vous vous êtes trompé(s), est-ce si tragique de le reconnaître ?
    La mauvaise foi de tous ces décideurs, dans cette affaire, est un crime moral.