Cécile, victime de tous types de violence en raison de son autisme


Le Comité ONU Femmes France décline la campagne « Orange Day » , qui consiste en 16 jours d’action contre les violences faites aux femmes (du 25 novembre au 10 décembre 2017). Dans le cadre de cette campagne nous diffusons des témoignages de violences faites aux femmes autistes.

J'ai subi des violences de tous types depuis toute petite. Violences familiales, institutionnelles, de la part de mes pairs, violences conjugales...Je ne parlais de cela à personne, ce silence a duré longtemps.

Violences par ma famille

Dès mes premiers mois de vie jusqu'à au moins 18 ans, c'étaient des violences psychologiques et physiques de la part de ma mère, mes beaux-pères, ma grand-mère, ma tante...Des coups, des insultes, des comportements incestueux, privation des besoins essentiels, sensation de mort imminente... Je ne rentrais pas dans le moule.

 

Violences par les institutions

Les enseignants, dès la maternelle, ne pouvaient pas me supporter : je me faisais insulter, frapper, on me punissait en me laissant debout pendant plusieurs heures en classe, j'étais parfois punie de récréation aussi. À l’hôpital, des infirmières se sont mises à trois pour me tenir pour me faire avaler de la nourriture, des médicaments. J'ai été ligotée sur mon lit d’hôpital lors d'une crise, j'avais 7 ans....
Une fois adulte, j'ai subi, lors de mes 3 premières grossesses, des violences de la part des équipes soignantes : insultes, négligences, viols gynécologiques...Une d'entre elle disait que j'avais une maladie psychiatrique et souhaitait me médicaliser et m'interner lors de ma 1ère  grossesse...

 

Violence par mes pairs

La violence venant de mes pairs a commencé quand j'avais 4 ou 5 ans : insultes, intimidation, racket, attouchements sexuels. Des coups, beaucoup de coups, ils pouvaient parfois se mettre à plusieurs pour me tabasser... Ces incidents arrivaient à l'école ou lorsque je sortais jouer en bas de chez nous par exemple. Les enseignants savaient, oui ils savaient... Cette violence s'est calmée au collège, je ne subissais que des remarques désobligeantes ou de l'intimidation. Ensuite à l'âge adulte, ce fut des remarques ou des malentendus quand je ne pouvais pas m'adapter sans compter tout ce qui de ma part n'a jamais pu être interprété.

 

Violences conjugales

Les violences conjugales, ce sont des relations où je ne suis pas moi, où je suis incapable de dire non, où je suis incapable d'exprimer mes besoins, et donc je me retrouve dans une relation ou l'autre impose ses choix, me demande de faire des choses qui ne me conviennent pas, l'autre n'accepte pas mes ressentis, mes besoins et ne me demande pas mon avis et ceci dans toutes les sphères de la relation.

 

Je pense sincèrement que toute cette violence était et demeure reliée à mon autisme, comme mes difficultés pour comprendre l'implicite, pour exprimer mon ressenti ou m'adapter socialement. Certains diront que je n'avais qu'à m'adapter, d'autres que je l'ai bien cherché, personnellement je ne pense pas que ces arguments soient fondés, je pense simplement que ce Monde n'est pas le mien.

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