À l’usage des autistes Asperger: guide de survie en territoire humain


Marie Bertaina, membre de l'association, a rédigé un mini guide destiné aux personnes autistes Asperger : le voici

 

 

  • Les "Aspies" (diminutif que les personnes Asperger se donnent entre eux) sont vulnérables car leur hypersensibilité est amplifiée et manquent d’intuition sociale. Cependant ils peuvent apprendre les règles de base en société et les erreurs à éviter pour se protéger. Quand le diagnostic de syndrome d’Asperger tombe tardivement dans une vie, le système immunitaire en est d’autant plus éprouvé et ces règles deviennent indispensables pour poursuivre sa route en "territoire humain".
  • Ce n’est pas parce que quelqu’un est gentil avec vous qu’il peut être considéré comme un ami. Il faut prendre le temps de découvrir la personne et ses valeurs avant de déterminer si c’est quelqu’un de bien ou pas.
  • Les humains non autistes ne disent pas toujours la vérité. Il ne faut pas se fier à ce que dit une personne, mais à ce qu’elle fait, à sa façon de vivre et d’agir, et il faut observer la cohérence entre ses paroles et ses actes. S’il y a incohérence, s’il y a du flou, ou si votre intuition vous dit de vous éloigner de la personne, alors il faut prendre ses distances, au moins au niveau émotionnel, sinon il y aura souffrances par la suite.
  • Il faut prendre le temps de réfléchir avant d’accepter un travail. Un milieu de travail qui n’est pas sain, où il y a trop d’injustices et de mensonges est à fuir pour les Aspies. Si vous acceptez un travail dans un tel milieu, vous savez que votre cerveau ne vous permettra pas de tolérer les injustices et les mensonges ; il risquera donc de vous arriver des déboires, parce que vous ne pourrez pas rester muet sur les injustices et les mensonges, parce que vous risquez de vous faire manipuler par vos collègues et ne pas comprendre les situations floues, parce que vous risquez tout simplement de perdre votre travail étant donné qu’il vous sera difficile de vous adapter à un tel milieu.
  • Il ne faut pas croire les gens sur parole quand ils vous font des promesses. S’il s’agit d’une promesse importante, par exemple pour votre carrière professionnelle, il faut demander un document officiel pour pouvoir prouver ce qui a été dit.
  • Pour les Aspies femmes, certes minoritaires, il faut se méfier des hommes qui vous parlent très gentiment, vous offrent des cadeaux et vous disent beaucoup de belles choses : il est important que vous en parliez à quelqu’un de confiance qui pourra vous conseiller, pour déterminer si l’homme qui tente de vous séduire est digne de votre confiance et de votre amour. Il vaut mieux peut-être d’abord passer par le stade de l’amitié, en ayant pris le temps d’observer les paroles et les actes de la personne, avant de se décider pour une relation amoureuse. Si vous ne connaissez pas suffisamment celui qui tente de vous séduire, il y a des risques que ce ne soit pas quelqu’un de bien.
  • Si vous sentez que des émotions s’accumulent, si vous vous sentez nerveux sans vraiment savoir pourquoi, il est important d’en parler. Ne gardez pas vos émotions et vos douleurs pour vous. Trouvez quelqu’un de confiance à qui vous confier, un ami, un membre de votre famille ou un membre du corps médical qui connaît bien le syndrome d’Asperger. Il est important de donner du sens à vos émotions et vos souffrances pour éviter d’en arriver à un moment de crise émotionnelle violente qui pourrait entraîner des conséquences douloureuses (perte d’emploi, rupture amoureuse, colères violentes, tentative de suicide ou auto-mutilation…). Vos émotions et souffrances sont le signe que quelque chose ne va pas, il est important de comprendre ce que c’est.
  • Vos intérêts spécifiques n’intéressent pas tout le monde. Les gens peuvent trouver cela bizarre et vous critiquer, que ce soit parce que l’objet de votre intérêt est atypique, ou parce que l’intensité et la motivation que vous mettez dans la pratique de cet intérêt est extrême. Il faut trouver des personnes qui sont réellement intéressées pour discuter avec vous de cette passion. Il peut être mauvais de parler de cet intérêt spécifique dans le cadre de votre travail, si votre travail n’est pas lié à cet intérêt. Si cet intérêt est une réelle obsession et que vous ne pouvez pas vous empêcher d’en parler, il faut autant que possible arriver à trouver un moyen d’en parler ou de le pratiquer qui ne sera pas nocif pour votre vie en général (le pratiquer pendant les heures de pause, téléphoner à quelqu’un pendant la journée pour en parler, ou échanger par mail…).
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Commentaire sur “À l’usage des autistes Asperger: guide de survie en territoire humain

  • inadaptée

    Je viens de découvrir cette page : c’est exactement ce que je vis. J’ai découvert le monde du travail en bureau (après avoir échoué dans un travail plus en autonomie), et c’est comme si, depuis 2 ans, je découvrais la vie et les êtres humains.
    J’ai découvert que certaines personnes pouvaient mentir (sans que je ne détecte rien sur le moment d’ailleurs…), ou qu’elles pouvaient être malhonnêtes, pour autant, la dénonciation n’est pas bien vue non plus, alors, que faut-il faire ? Fermer les yeux sur les abus du bien public par ce collègue ? Je n’ai toujours pas trouvé la réponse à ce problème. Et je ne sais pas quelle attitude adopter.
    J’ai découvert aussi l’incohérence entre les mots et les actes qui est évoqué ci-dessus, et je ne comprends pas non plus pourquoi une personne agit ainsi.
    « Ce n’est pas parce que quelqu’un est gentil qu’il peut être considéré comme un ami ». ça aussi, je l’ai appris.Je croyais au début que toute personne qui me parlait, qui me souriait, qui faisait des blagues, était une personne en qui je pouvais avoir toute confiance…
    J’ai beaucoup appris…mais il me reste encore tellement à apprendre… J’ai l’impression que c’est peine perdue… Et tous ces apprentissages se font dans la douleur, car je prends conscience de mes erreurs lorsque j’en ressens les conséquences.
    Cela génère trop d’angoisses, je me sens nulle de ne rien comprendre aux gens, de ne pas savoir communiquer avec eux, d’être inadaptée au monde…
    Je craque…