Le camouflage social chez les adultes ayant une condition du spectre autistique


Nous diffusons ici la traduction d'une étude très intéressante portant sur une stratégie de compensation dans laquelle les femmes autistes sont particulièrement expertes : le camouflage.
L'étude, réalisée en mai 2017, est :

« Me régler sur mon meilleur niveau de normalité » : camouflage social chez les adultes ayant une condition du spectre autistique

Laura Hull, K.V. Petrides, Carrie Allison, Paula Smith, Simon Baron-Cohen, Meng-Chuan Lai, William Mandy

Nous remercions chaleureusement Jérôme A. Lapasset, psychomotricien au Pôle de pédopsychiatrie du CH du vinatier, pour la traduction de cette étude (dont l'original en anglais se trouve ici.

Carte thématique

Voici un schéma récapitulatif sur le camouflage, inclus dans l'étude : chaque thème (en rectangles) y est explicité.

Carte thématique à trois niveaux (Motivations, Camouflage, Conséquences) du processus de camouflage. Les rectangles indiquent les thèmes ; les ovales, les sous-thèmes

 

Traduction de l'étude

L'étude est téléchargeable ici

Me regler sur mon meilleur niveau de normalite sociale 2017-AFFA
www.pdf24.org    Send article as PDF   

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11 commentaires sur “Le camouflage social chez les adultes ayant une condition du spectre autistique

  • Clair Marie-Paule

    je cherche depuis longtemps des explications aux comportements et aux réactions de ma fille de 41 ans et en cherchant je me demande si je ne suis pas déjà moi même une aspi ignorée (j’ai 75 ans !) certaines choses là me parlent trop !!!

    • admin Auteur du billet

      Bonjour
      Que dit-on déjà ? Les chiens ne font pas des chats.. 😉
      Vous pouvez si vous le souhaitez rejoindre le groupe secret de l’association, sur facebook pour échanger.. une autre personne de votre âge y est !

  • GUYOT Nathalie

    J ‘ai 49 ans, j’ai été diagnostiqué à 42 après un effondrement du au fait que j’avais enfin obtenu un CDI, et que je ne pouvais plus fuir au terme d’un CDD et me reposer avant de chercher un autre CDD.Je reconnais bien mes techniques de camouflage dans votre article.

    • admin Auteur du billet

      Bonjour
      Ah dacord je comprends.. En général les CDI sont mieux que les CDD… Voudriez vous témoigner de votre parcours pro , dans un article qu’on publierait sur la rubrique « femmes autistes et emploi » ? (dans l onglet articles).
      Magali

    • catherine pichon

      le pb des cdd à répétition c’est qu’on s’épuise à s’adapter à la longue. Mieux vaudrait un cdi avec gros aménagements, quitte à « descendre » en qualification; changer de poste de travail au sein d’une même entreprise pour souffler. Pour tout le monde les cdd à répétition usent et font douter.

  • Sophie

    Bonjour,

    Merci pour cette traduction, j’y ai trouvé énormément d’éléments intéressants.

    Quand j’ai reçu le diagnostic du syndrome d’Asperger, je me suis rapidement sentie concernée par le syndrome de l’imposteur. Regarder dans les yeux, discuter, créer des liens, rire entre copains (« amis » serait beaucoup dire)… Facile. Mais si épuisant…

    Regarder dans les yeux me mets mal à l’aise, soit je fixe (trop, et je n’écoute plus), soit je jette des coups d’œil rapides, soit je regarde une autre partie du visage. Je jongle entre plusieurs méthodes pour rendre le tout naturel. Discuter me fatigue, car je parle trop et ne sais pas quand m’arrêter. Quand je suis avec plusieurs personnes, je tiens un moment avant d’avoir envie de partir, simplement, m’éloigner, retrouver le calme, parfois le regard dans le vide, je m’imagine partir sans un mot, mais n’ose pas le faire. Je crée des liens, mais ne les entretiens pas, j’oublie, et puis je ne suis pas à l’aise avec les appels téléphoniques. J’arrive à dire bonjour, à engager la conversation, je me dévoile souvent beaucoup trop, même à des inconnus, mais je n’entretiens pas du tout la relation, au contraire, je m’en veux d’avoir créé un nouveau lien qui m’obligera à socialiser et refaire des efforts si on se croise à nouveau. Je sais rire, j’aime rire, mais certaines blagues me blessent, quand le sarcasme me concerne, certaines blagues m’interpellent, quand elles n’ont pas de sens ou ne sont pas « logiques », certaines blagues tombent mal, etc.

    Je me contrôle constamment, je ne sais plus faire marche arrière, je n’ose pas, j’ai peur de ce que je pourrais dévoiler ; ma sensibilité, mes angoisses « pour rien », etc. Souvent, tout ça se transforme en stresse, puis en colère, je deviens nerveuse, je souffle, il faut que je respire. Si j’arrive à me calmer, c’est au prix d’une grosse fatigue.
    « Fainéante » « Tu te compliques vraiment la vie »… Comme faire pour MONTRER ce que je vis ? Je ne sais plus comment agir autrement…

  • Hélène K

    Bonjour

    Je vous remercie pour la diffusion de cette étude
    J’ai 36 ans, récemment diagnostiquée HPI et hypersensible je me reconnais de plus en plus dans le syndrome d’Asperger
    Un des « symptômes » dans lequel je ne me reconnaissais pas était la difficulté dans les interactions sociales mais après la lecture de nombreux articles, témoignages et à présent de cette étude, tout me semble évident : j’emploie la stratégie du camouflage au quotidien depuis l’âge adulte.
    J’ai la sensation d’avoir eu deux temps dans ma vie : l’enfance (isolée/solitaire/rêveuse/incomprise/incapable de parler et de me sociabiliser) et l’âge adulte (où je n’ai plus l’air si différente en société mais avec la lucidité de tromper tout le monde, moi la première, à tel point que je ne sais même plus qui je suis)
    Je souhaiterais approfondir cette introspection, pour éventuellement « oser » un diagnostic
    Après en avoir discuté avec ma psychologue (qui m’accompagne dans ma surdouance), celle ci a automatiquement écarté la possibilité du syndrome du fait de mon apparente facilité d’interaction sociale.
    Je ne sais donc pas vers qui me tourner

    Pouvez vous me conseiller?

    Je vous remercie