Lors du 6ᵉ Congrès de la Chaire Internationale Denis Mukwege, organisé à Bruxelles, Marie Rabatel a été désignée pour incarner « la force de la résilience et de la reconstruction », aux côtés du Dr Denis Mukwege, Prix Nobel de la Paix.
Cette reconnaissance internationale met en lumière un parcours d’engagement et une expertise aujourd’hui identifiés comme des références dans le champ des droits humains et du handicap.

● Une reconnaissance internationale au service des droits humains
Placée sous le thème « Du corps meurtri à la résilience : comment réparer l’invisible », cette rencontre internationale a réuni expert·es, universitaires, institutions et acteurs de terrain engagés dans la lutte contre les violences graves et la promotion des droits humains.
La présence et la distinction accordée à la Présidente de l’Association Francophone de Femmes Autistes s’inscrivent dans cette dynamique internationale. Elles témoignent d’une capacité à faire dialoguer cadres juridiques et institutionnels, réalités de terrain et stratégies de transformation durable des politiques publiques.
● Une expertise construite à l’interface du vécu, de la recherche et de l’action publique
La prise de parole de la Présidente de l’AFFA s’insère dans une approche reliant expérience vécue, expertise de terrain, production de connaissances et évolution des politiques publiques.
» Traverser le pire ne signifie pas s’y enfermer . »
Marie Rabatel, Présidente de l’Association Francophone de Femmes Autistes
Survivante de violences sexuelles, femme autiste et actrice de terrain de longue date, elle a fait le choix de transformer l’épreuve en engagement structuré au service de l’intérêt général. Son intervention ne visait pas à relater un parcours personnel, mais à proposer une analyse transversale des mécanismes de violences systémiques et des conditions nécessaires à la reconstruction, tant individuelle que collective.
Cette capacité à produire une lecture globale des phénomènes de violence, en lien avec la Convention relative aux droits des personnes handicapées des Nations-Unies, constitue aujourd’hui un socle central de son travail.
● Violences et handicap : un enjeu majeur encore insuffisamment traité
Depuis plus de vingt ans, son engagement se concentre sur un champ encore largement invisibilisé dans de nombreux contextes nationaux et internationaux : les violences massives et systémiques subies par les personnes en situation de handicap, en particulier les femmes et les enfants.
Lors d’une audition au Senat Français dans le cadre d’un rapport sur les femmes handicapées victimes de violences, elle rappelait que :
« Le handicap accroît les violences et les violences accroissent le handicap. »
Marie Rabatel, Présidente de l’Association Francophone de Femmes Autistes
Cette analyse met en évidence un cercle de vulnérabilisation structurelle qui demeure insuffisamment pris en compte dans les politiques de prévention, de protection et de réparation.
Ces violences constituent une violation directe des engagements internationaux, notamment ceux portés par la Convention relative aux droits des personnes handicapées des Nations Unies, qui affirme qu’aucun être humain ne doit être exposé à un risque accru de violences du seul fait de son handicap.
● Transformer les normes en actions concrètes
La reconnaissance exprimée lors de ce congrès s’inscrit dans un travail de fond mené depuis plus d’une décennie, fondé sur la coopération entre associations, institutions, professionnel·les, chercheur·ses et personnes concernées.
Aux côtés de Muriel Salmona, Marie Rabatel est revenue sur plusieurs avancées structurantes issues de cette dynamique collective :
- la création de modules de formation labellisés par l’État
- le déploiement des centres ressources IntimAgir
- l’amélioration de l’accès aux droits en matière de santé gynécologique
- l’amélioration du recueil de la parole des enfants en situation de handicap par la Gendarmerie
- et la prise en compte progressive des violences sexuelles subies par les personnes en situation de handicap et particulièrement les enfants et les femmes, par les politiques publiques
Ces évolutions témoignent d’une capacité à traduire des principes juridiques et éthiques en dispositifs opérationnels et en cadres institutionnels durables.
➡️ Porter des voix expertes dans les espaces internationaux ⬅️
Cette reconnaissance souligne l’importance de voix expertes capables de relier expertise issue du terrain, production de connaissances et exigences de mise en œuvre des droits. Elle rappelle que la construction de politiques publiques effectives passe par l’intégration pleine et entière des personnes concernées dans les espaces de réflexion, d’évaluation et d’orientation stratégique. Marie Rabatel illustre, parfaitement, l’efficacité d’une approche combinant rigueur, coopération internationale et plaidoyer fondé sur l’expérience des personnes concernées.
Pour l’Association Francophone de Femmes Autistes, cette reconnaissance est un encouragement à poursuivre un plaidoyer exigeant, ancré dans les droits humains et ouvert aux dynamiques internationales.
