Compte-Rendu de la rencontre entre femmes autistes, 24 juin 2018 – Paris


 

Une rencontre de femmes autistes diagnostiquées, en démarche diagnostique ou en phase de questionnement a été organisée par l’AFFA le 24 juin dernier. Elle s’est déroulée dans l’enceinte du CRAIF sous la direction bienveillante de Magali Pignard, trésorière et membre co-fondatrice. Cette réunion a duré plus de 4 heures et a réuni près de quarante femmes autistes et accompagnantes, qui avait été informées de cette rencontre soit directement sur le site de l’AFFA soit via l’association Asperansa. Ce temps a permis que se libère la parole et que soient partagés des vécus malheureusement trop souvent douloureux quant à nos expériences de vie mais aussi quant au parcours de soin.

Pour ouvrir la rencontre, Magali Pignard a rapidement présenté l’association et le cadre de son apparition, rappelant l’invisibilité des femmes autistes et les raisons qui ont conduit à ce sous-diagnostic. Elle a insisté sur les caractéristiques de la condition de femme autiste qui, si elles ne sont pas spécifiques, sont néanmoins statistiquement prépondérantes (problématique des violences sexuelles et domestiques, de la maternité et de l’emploi au premier plan).

S’en est suivi un tour de table qui, finalement, a occupé la plus grande partie de l’après-midi, étant donné le nombre de participantes, étant donné surtout le besoin de rompre l’isolement et l’incompréhension que toutes subissent au quotidien. Ce tour de table a permis d’aborder successivement ou simultanément les points suivants :

  • les violences faites aux femmes ;
  • le vécu d’état de stress post-traumatique et les difficultés à gérer cet état (étape de la prise de conscience) ;
  • l’utilité du diagnostic, l’après-diagnostic et la difficulté à mettre en place des suivis adaptés (difficultés à trouver des professionnels compétents) ;
  • le manque de formation des soignants – beaucoup restent incrédules quand nous les informons de notre diagnostic (nécessité de revoir le contenu des formations initiales) ;
  • les inégalités de traitement au niveau régional : tous les centres experts n’ont pas le même délai d’attente, tous n’acceptent pas de recevoir des adultes, préférant privilégier les enfants, tous ne sont pas aussi au fait de la symptomatologie de l’autisme au féminin, et toutes les régions n’offrent pas l’alternative de se faire diagnostiquer dans le privé ;
  • les difficultés à poursuivre ses études, à entrer sur le marché du travail puis à se maintenir dans l’emploi, la souffrance au travail ;
  • la problématique de la maltraitance parentale ;
  • les rapports mères (autistes) et enfants (neurotypiques ou non) et le problème de l’Aide Sociale à l’Enfance, percluse de psychanalyse ;
  • les difficultés à assurer le quotidien ;
  • mais aussi nos atouts : hypersensibilité, autonomie, créativité, sens du détail, finesse d’analyse, esprit de synthèse, ouverture d’esprit, tolérance, absence de préjugés, etc.
  • et nos projets en cours : documentaires, peinture, bande dessinée, musique, prochains rassemblements, réseaux d’entraide internet à développer.

 

Ce fut une après-midi riche en émotions, en larmes mais aussi en rires, car oui nous ressentons, nous savons manifester nos émotions et nous éprouvons de l’empathie. C’est utile de le rappeler, quand nous entendons encore quotidiennement ce type de jugements périmés de la part de psychiatres qui n’ont pas réactualisé leurs savoirs depuis quarante ans qu’ils ont été diplômés.

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